Une journée ne se résume pas au temps passé sur le chantier.
Chiffrer une visite, rédiger le devis le soir, relancer un client qui ne répond plus, remplir un compte rendu de réserves : ce temps-là ne se facture presque jamais, et pourtant il conditionne si le chantier suivant sera bien préparé. Personne ne le compte à votre place — ni le client, ni le fournisseur.
Avant de vous lancer, imaginez une semaine ordinaire, la vôtre. Combien de chantiers enchaînés ? Combien d'heures pour les devis et les relances entre deux visites ? Ces réponses-là rendent le projet bien plus concret qu'un chiffre d'affaires moyen.
Un chantier facturé 450 € ne vous laisse pas 450 € en poche. Il faut d'abord retirer le matériel et les fournitures — souvent 30 à 40 % du montant du devis — avant même de compter votre temps.
Sans qualification ni assurance décennale, il n'y a pas de métier.
Contrairement à d'autres activités indépendantes où l'on peut s'installer sans diplôme, l'électricité exige une qualification pour exercer et une assurance décennale avant le premier chantier. Le défaut d'assurance expose à des sanctions pénales : jusqu'à six mois d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. Ce n'est pas une formalité administrative parmi d'autres — c'est ce qui protège vos clients pendant dix ans, et vous en cas de sinistre.
Un exemple : deux chantiers, deux marges
Cas fictif : Karim facture un chantier 450 €, dont 180 € de matériel, en 6 heures sur place. Yasmine facture le même type de chantier 450 €, mais avec 280 € de matériel parce qu'elle n'a pas comparé ses fournisseurs. À montant facturé identique, Karim dégage une marge horaire bien plus confortable — cent euros d'écart sur le matériel, c'est autant de moins à se partager sur les heures travaillées.
Trois questions à noter avant de vous lancer
Combien de temps consacrez-vous, chaque semaine, aux devis et à l'administratif plutôt qu'au chantier ? Avez-vous déjà comparé le coût de votre assurance décennale selon votre spécialité ? Savez-vous quel montant de devis correspond, une fois le matériel retiré, à une heure de travail correctement payée ?
